Où en est la vie intime des femmes en 2020 ?

Où en est la vie intime des femmes en 2020 ? dans Couple femme-lit-1

Cinquante ans après Mai 68, quel rapport les Françaises entretiennent-elles avec leur intimité ? Sont-elles plus audacieuses, plus libres ? Qu’a changé #MeToo dans le rapport des femmes au sexe et à la séduction ? Quelles pratiques ont le vent en poupe ? La popularisation du discours féministe a-t-elle rejailli sur les comportements intimes des femmes ? Sont-elles plus libres dans leurs pratiques, plus conscientes de leurs désirs, plus à l’aise avec leur corps ? Pour répondre à toutes ces questions, le Département « Genre, sexualités et santé sexuelle » d’Ifop a réalisé une grande enquête auprès de 5000 femmes pour observer les évolutions des pratiques sexuelles des Françaises, mais aussi de leur relation au corps, au couple et au plaisir.

 

LE CHIFFRES CLÉS DE L’ENQUÊTE

La comparaison des résultats de cette étude avec ceux des enquêtes de référence réalisées au cours des 50 dernières années (Rapport Simon 1970, ACSF 1992, CSF 2006,…) met en lumière plusieurs grandes tendances :

 

Une plus grande autonomie du plaisir féminin en lien avec un essor du recours à la pornographie et aux sextoys

  • En 2020, neuf femme sur 10 (93%) admettent s’être déjà masturbées au cours de leur vie, contre 60% en 2006 (CSF), 42% en 1992 (ACSF) et à peine 19% en 1970 (Rapport Simon). En l’espace de près de 50 ans, la proportion de femmes déclarant s’être livrées à la masturbation a donc été multipliée par cinq.
  • Ce sont les femmes en couple qui pratiquent le plus la masturbation, signe d’une vrai libération sexuelle. Plus de huit femmes sur dix (89%) en couple se masturbent au moins une fois par semaine. Cela renverse l’image stéréotypée d’une pratique masculine : seuls six hommes sur dix (63%) en couple pratiquent la masturbation, mais avec une fréquence plus élevé. La moitié d’entre eux le font plus de 4 fois par semaine.
  • Cette généralisation de l’auto-érotisme féminin apparaît intrinsèquement liée à un accès plus large des Françaises à des supports d’excitation sexuelle comme les films ou des images pornographiques : trois femmes sur quatre (72%) admettant avoir déjà été sur un site X, soit une proportion plus de vingt fois supérieure à celle observée en 2006 (4%).
  • La pratique de la masturbation tend également à se banaliser sous l’effet de l’explosion du nombre de femmes utilisant des objets de stimulation physique : quatre Françaises sur cinq (79%) ont déjà utilisé un vibromasseur, contre un peu plus de deux sur trois il y a cinq ans (67% en 2013) et à peine 29% il y a treize ans (2007).

 

Un répertoire sexuel de plus en plus diversifié si l’on en juge par la généralisation de certaines pratiques comme la fellation

  •  Aujourd’hui, les pratiques orales constituent la composante la plus courante de la sexualité des couples. En cinquante ans, le nombre de femmes ayant déjà réalisé une fellation a en effet explosé (+56 points) au point d’être devenu quasi systématique (97%) . C’est aussi l’acte le plus fréquemment renouvelé : la fellation est pratiquée dans 3 rapports sur 5 (68%). Un homme sur cinq pratique le cunnilingus  (+ 63% par rapport à 1992), signe d’une certaine réciprocité dans l’échange de ce genre de caresses fréquemment associées aux phases de préliminaires, mais qui peut aussi être le rapport sexuel..
  • Deux fois sur cinq (41%) la fellation vient en remplacement de la pénétration. Dans neuf cas sur dix il s’agit de combler l’écart de besoin sexuel entre les hommes et les femmes.
  • Si l’exploration du versant anal de sa sexualité tend plus à venir avec l’âge, il est intéressant de noter que la sodomie est désormais une pratique courante : 83% des femmes s’y sont prêtées au moins une fois. Et cette pratique s’est elle aussi fortement banalisée au cours des 50 dernières années : la proportion de femmes s’étant déjà adonnées à la pénétration anale a été quasiment multipliée par quatre depuis 1970 (24%). Malgré tout, seul un peu plus de la moitié des femmes (56%) pratiquent la pénétration anale plus d’une fois par mois.

 

Un détachement face à l’injonction de la sexualité intensive et la norme de l’orgasme systématique

  • En matière de rapport sexuel avec pénétration, la fréquence est resté stable avec 2,7 rapports hebdomadaire en moyenne malgré d’importantes disparités : Deux couples sur trois (67%) ont plus de 3 rapports hebdomadaires, alors qu’un quart a moins de 3 rapports mensuels. La stabilité du couple a son importance. Ce sont les 30-50 ans qui font le plus l’amour (3,1 rapports hebdomadaires), et les moins de 25 ans qui s’y adonnent le moins (2,1 rapports hebdomadaires).
  • L’image des performances sexuelle n’a que peu de conséquences sur la durée des rapports. Pour huit couples sur dix (79%) la durée de la pénétration est comprise entre 1 min et 2,5 min. Des chiffres qui n’ont pas évolué avec le temps.
  • Malgré les discours sur l’importance de la réussite sexuelle du couple et la réciprocité du plaisir entre partenaires, le « devoir d’orgasme » parait de moins en moins prégnant : en 2020 seule une femme sur dix estime qu’un rapport sexuel est raté si sans orgasme (12%), tandis qu’elles étaient la moitié vingt ans plus tôt (51%).
  • De même, seul un rapport sexuel sur sept (14%) permet aux femmes d’atteindre l’orgasme. Des chiffres à mettre en corrélation avec la fréquence de la masturbation féminine en couple, qui vient compenser.

 

Entre maillot intégral et retour du poil : vers  une polarisation des formes d’épilation intime ?

  • En matière d’épilation, on observe deux tendances totalement contradictoires. D’un côté, une forte progression du nombre femmes qui ne s’épilent pas le sexe – 14%, contre 9% en 2013 – et, de l’autre, une évolution analogue du maillot intégral (pubis, vulve et sillon inter-fessier) passé de 66% à 91% de pratiquantes en l’espace de 7 ans.
  • Serait-on confronté à une polarisation de l’épilation ? En regardant les chiffres au plus près, on réalise que les clivages sont plus subtils : Seules 3% des jeunes de moins de 25 ans ne s’épilent pas alors que la très grande majorité (89%) optent pour l’épilation intégrale ! Le retour au poil ne concerne donc pas les jeunes. Ce sont les plus de 60 ans qui, pour 36% d’entre elles, ne s ‘épilent pas et seulement 44% pratiquent l’épilation intégrale.

 

L’effet sur les relations hommes / femmes : entre sororité et libération de la parole

  • L’impact de #MeToo est contrasté : on note un incroyable regain de vigilance, avec 60% de femmes qui se disent plus attentives en cas de gestes déplacés à leur égard ou à celui d’autres femmes. De même, on observe une libération de la parole chez les jeunes de moins de 25 ans : 71% évoquent plus facilement leurs expériences de harcèlement, de discrimination ou d’agression à caractère sexuels, contre une moyenne de 43% chez l’ensemble des Françaises.
  • Les relations entre les femmes et les hommes semblent avoir peu changé : seule une Française sur quatre trouve les hommes plus inhibés ou réservés (25%), et seules 15% d’entre elles prend plus les devants en matière de séduction.
  • Concernant les applis ou sites de rencontre, deux femmes sur dix déclarent s’y être déjà inscrites (22%), un chiffre qui a plus que doublé en treize ans. Parmi les inscrites, près de deux femmes sur dix recherchent juste des aventures sans lendemain (19%), un chiffre en augmentation par rapport à 2012 (+6% en sept ans).

 

Moix or not Moix : la question de  l’écart d’âge entre conjoints

  • Huit Françaises sur dix se déclarent prêtes à s’afficher en couple avec un homme ayant 10 ans de moins qu’elles (79%). Un chiffre qui augmente avec le niveau de vie et de profession, pour atteindre 89% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures.u
  • A l’inverse, seule une femme de moins de 40 ans sur deux pourrait avoir un rapport sexuel avec un homme de 50 ans (53%), sachant que cette proportion descend à 27% chez les répondantes de moins de 30 ans.

 

Françoise, responsable actualité à l’Ifop

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