Que valent les protections intimes lavables ?

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Au rayon hygiène intime, les protections hygiéniques traditionnelles n’ont plus la cote. Décriées à cause de leur composition opaque, serviettes hygiéniques,  protections urinaire et tampons jetables se voient délaissés au profit d’alternatives plus écolo. Parmi elles, les protections hygiéniques lavables.

 

Qui l’eut cru ? Elles sont de plus en plus nombreuses à bannir les classiques tampons et serviettes pendant leurs règles, quitte à revenir aux protections lavables… de nos grands-mères ! Après la déferlante des coupes menstruelles, ces petits récipients en silicone médical venus des pays du nord, la tendance éco-responsable continue sa conquête intime avec le come-back des protections hygiéniques lavables, qui ont même franchi la barrière des sexes et séduisent de plus en plus d’homme.

Porté par des start-up engagées comme la bien nommée Dans Ma Culotte ou Plim, ce type de protection aux relents passéistes n’a pourtant, dans la forme, plus grand chose à voir avec les linges bouillis de nos aïeules.

 

Sécurité et naturel dans ma culotte

Chez Dans Ma Culotte, on se veut intransigeant sur la composition de ces serviettes réutilisables. À l’origine du concept, Marie Réveilhac et Noëlle Papay. En 2014, elles recrutent 110 testeuses pour tester leurs prototypes de serviettes. À l’époque, « l’un des constats est que les protections hygiéniques jetables (toutes confondues), qui représentent les plus gros volumes de vente du marché, posent des problèmes d’allergies de contact, d’irritations et d’inconfort et provoquent des mycoses à environ 30% de femmes. 95% des testeuses « irritées » ont cessé d’avoir des allergies grâce aux protège-lingeries », apprend-t-on sur le site de la marque.

Conçues uniquement pour les femmes, les serviettes hygiéniques lavables 2018 sont fabriquées en coton bio certifié par le label Ecocert GOTS. Les autres composants (du polyuréthane, de la polyamide et du polyester présents à l’intérieur de la serviette) sont quant à eux certifiés Oeko Tex 100, un label européen qui garantie qu’aucun produit chimique n’est présent dans les matériaux, des encres des motifs en passant par les boutons pressions et le fil à coudre.

Colorées et graphiques, les serviettes, d’une épaisseur de 3 mm, sont dites « respirantes » et adaptées aux peaux sensibles. Confectionnées en Normandie, elles sont « garanties pour 200 cycles de lavages » et ont une durée d’utilisation de trois à cinq ans. Biodégradables et recyclables, elles sont affichées au prix de 17 euros la serviette jour et 19 euros la serviette nuit. Des packs sont également disponibles pour assurer un roulement entre les lavages.

 

Chez Plim on s’adresse à un public plus large en proposant non seulement des tailles et des niveaux d’absorption différents pour les serviettes hygiéniques, mais aussi en proposant des protections spécifiques pour les hommes victimes de la fameuse »tâche du caleçon » ou ayant des émissions nocturnes.

L’atelier situé dans les Deux-Sèvres, voit chaque jour s’activer « 10 couturières aux mains d’or » pour la fabrication d’une protections hygiénique « jolie et durable ». Là encore, les certifications GOTS et Okeo Tex 100 garantissent un produit fini écologique et naturel pour une meilleure affinité avec la peau et les muqueuses.

Comment ça marche une protection hygiénique lavable ?

Grâce à un système de pressions, la protection hygiénique lavable se clipse sur la culotte pour ne plus bouger. Cependant, opter pour ce type de protection réutilisable impose une hygiène irréprochable. En pratique, il suffit de laver sa serviette en machine. Pour un résultat optimal, il est -selon les marques- conseillé de s’astreindre à un double nettoyage.

Dans Ma Culotte préconise ainsi un prélavage à la main à l’aide d’un savon type savon de Marseille. Il est également possible de faire tremper ses protections durant une heure dans de l’eau tiède mélangée à un peu de bicarbonate de soude. Un deuxième lavage est ensuite conseillé en machine, à 60°C. D’après la blogueuse et youtubeuse Et Pourquoi pas Coline, testeuse convaincue par ce mode de protection, le résultat est plutôt probant.

 

Les serviettes hygiéniques lavables représentent-elles un risque de choc toxique ?

Bien que rare, le syndrome de choc toxique lié aux règles (SCT) est en recrudescence ces dernières années. Cette infection due à une souche de bactérie Staphylocoque doré, dont nous sommes tous porteurs à un moment de notre vie, peut être mortelle. D’après les infectiologues, elle survient chez des patientes souvent jeunes et en bonne santé qui utilisent des protections intra-vaginales telles que les tampons et coupes menstruelles. Ces dernières, en retenant le sang à l’intérieur du vagin, fournissent un milieu de culture propice aux bactéries qui se multiplient. Dans certains cas, les toxines traversent la paroi vaginale et se diffusent dans tout le corps par le sang.

Les premiers résultats d’une étude française menée par l’université de Lyon1 à ce sujet « indiquent clairement que la composition des tampons et des cups n’est pas en cause. En revanche, leur mauvaise utilisation est pointée du doigt », expliquent Sylvia Vaisman et Caroline Michel dans La petite encyclopédie des règles (Ed.FIRST).

C’est notamment pour cela qu’il est recommandé de changer de protection (tous types confondus) a minima toutes les 4 à 5 heures dans la journée, et d’opter pour des serviettes hygiéniques pendant la nuit. En effet, le risque de STC est quasi nul avec les serviettes, méthode protection hygiénique extra-vaginale qui permet de laisser s’écouler librement le flux en dehors du vagin.

L’avis des experts infectiologue et gynécologue

  • Odile Bagot (alias Mam Gynéco), gynécologue et auteure du « Dico des nanas » (éd. Hachette Pratique)

« D’un point de vue strictement professionnel, l’usage des serviettes lavables doit respecter les mêmes recommandations qu’une serviette hygiénique classique. Même si c’est moins fréquent avec les serviettes hygiéniques, il y a tout de même un petit risque de choc toxique. On ne retrouve pas tous les produits chimiques et éventuels perturbateurs endocriniens l’on peut retrouver dans les serviettes hygiéniques classiques et qui sont en contact avec les muqueuses.

Pour une certaine génération de femmes qui a connu une énorme libération avec l’arrivée des tampons, je trouve que c’est une tout de même une régression.

 

  • Jean-Marc Bohbot, infectiologue, Directeur médical de l’Institut Fournier (Paris), auteur de « Microbiote vaginal, la révolution rose » (éd. Marabout)

« Il faut impérativement laver ces serviettes à 60°C (40°C est un peu juste), mais cela ne me paraît pas très écologique. Les serviettes lavables, c’est un peu comme les voitures électriques, la voiture pollue moins mais il faut produire l’électricité donc on pollue autant… De plus, le lavage suppose l’utilisation de lessive et l’on sait qu’un rinçage insuffisant laisse des particules de produit, qui au contact d’une zone humide peuvent être irritantes voire allergisantes.

En ce qui concerne l’infection je ne vois guère de risque particulier si les serviettes sont correctement débarrassées des traces de sang pendant le lavage, mais il n’y a aucune étude sur le sujet. De plus, le coton bio ne semble pas non plus exempt de tout risque de produits toxiques (cf. étude 60 millions de consommateurs). »

 Maria, journaliste 

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